Le Village Andalou

Le ghetto gitan   de Bordeaux
contaminé au plomb

Quand le maire de Bordeaux Alain Juppé laissait des
Gitans vivre dans un bidonville plombé... pour lequel
la mairie de Bordeaux percevait des loyers exhorbitants !


CHRONOLOGIE
Extraits d'articles...
et commentaires

Le mémoire de DEA
de Stéphane Lhomme
Université de Bordeaux II

 


C'était le Village andalou : Reportage photo

La situation au départ : Les faits


Une évacuation d'urgence..
qui aura duré dix-huit mois !

Le 17 décembre 2001, dix-huit longs mois après la révélation du saturnisme, et 20 mois après la publication de rapports déjà alarmants, les dernières familles ont quitté le Village andalou. Cette évacuation aurait du avoir lieu en quelques jours, et le plan de relogement provisoire "dans des mobil-homes confortables, comme dans la Somme", annoncé par le Préfet, convenait tout à fait. Hélas, le maire de Bordeaux a réussi à maintenir les Gitans un an et demi de plus dans le ghetto du saturnisme. Quel mépris, quel racisme...

Les familles sont, enfin, soustraites au saturnisme et relogées (dans des conditions inégales, souvent provisoires). Rappellons que toutes les familles ont payé à la mairie de Bordeaux des loyers exhorbitants pour un bidonville (2500f, 3000f, 3500 f) et ce pendant 11 ans...


Déclaration de Mme la directrice du CCAS de la mairie
de Bordeaux, à propos des Gitans qui demandent juste
à être relogés dans des conditions correctes :

Pour vivre en ville, il faut savoir respecter
ses voisins, se débarrasser de ses chiens
et de son coq, entretenir sa maison … 
"

Déclaration diffusée dans le 19-20 de France 3,
édition nationale, le samedi 9 décembre 2000


Cent mille francs par mois...
un bidonville qui rapporte

La mairie de Bordeaux a perçu des loyers (2000, 2500, 3000f/mois) pour chacune des bicoques insalubres du Village Andalou ! Environ 100000f/mois au total ! Comment ne pas penser que c'est pour continuer à encaisser cette manne mensuelle que le maire de Bordeaux a maintenu les familles gitanes le plus longtemps possible dans le ghetto plombé ?

Rappelez-vous, il y a quelques années, alors responsable des tristement célèbres HLM de la ville de Paris, Juppé avait fait baisser de 1000f/mois le loyer de son pauvre fils (il devait être pauvre pour habiter en HLM). Juppé considérait que le loyer n'était pas justifié par l'état de l'appartement de son fils. Bizarrement, notre ami le maire de Bordeaux n'a pas baissé les loyers au Village Andalou. Il considère sûrement qu'il est normal pour des familes gitanes de vivre dans des taudis...


Humiliation

Environ 20 familles du Village ont donc été "relogées" durant l'été 2001 par le maire de Bordeaux dans des conditions extrèmement précaires en caravanes : terrible humiliation pour des gitans sédentaires depuis 40 ans (où sont passés les "mobil-homes confortables comme dans la Somme" annoncés par le Préfet le 21 mai 2001?). Dans la Somme ou ailleurs, les relogements d'urgence se font en mobil-homes (presque de petites maisons : pas le luxe, mais des conditions correctes tout de même). Pour les Gitans, par contre, des caravanes !


Immobilisme criminel du maire
de Bordeaux pendant 18 mois:

Lésions irréversibles pour les enfants

(Article de Libération)


28 juin 2001 - Mme Lienemann, secrétaire d'Etat
au Logement, vient au Village Andalou

Le maire de Bordeaux manoeuvre lâchement
pour empêcher le plan de relogement de l'Etat


8 MARS et 20 AVRIL 2001

LES FAMILLES GITANES PORTENT PLAINTE
37 plaintes déposées contre le maire de Bordeaux
15 plaintes le 8 mars, puis 22 plaintes le 20 avril

Premiers résultats : le 19 mars, le préfet de la Gironde vient "visiter" le Village Andalou. Le 30 mars, un camion de la DDASS vient (enfin, 9 mois après la révélation du saturnisme) au Village pour faire des prises de sang aux enfants. Mais, pourquoi venir...un jour d'école ?


QUI SOUTIENT ?

La volonté d'agir, par exemple avec la manifestation du 9 décembre 2000, est née de discussions entre les familles gitanes et leurs amis, citoyens bordelais ordinaires. En particulier, après la révélation du saturnisme, une soirée film-débat a été organisée au cinéma Utopia de Bordeaux le 12 septembre 2000. Dix-huit Gitans étaient présents.

Sont intervenus : Jésus Garcia qui a un rôle de porte-parole des familles, des médecins, et Stéphane Lhomme, instituteur qui a eu en classe entre 1992 et 2000 un bon nombre des enfants du Village Andalou. A la fin de cette soirée, des personnes présentes dans le public sont restées discuter avec les Gitans et les organisateurs de la soirée. Ces contacts se sont maintenus et, face aux tergiversations de la mairie de Bordeaux, il a été décidé de manifester en commun.

Trois manifestations, deux concerts solidaires avec les musiciens du Village Andalou, un dépot de plainte contre le maire de Bordeaux pour empoisonnement, un travail avec le DAL (Droit Au Logement) dont le porte-parole national, Jean-Baptiste Eyraud, est venu au Village Andalou le 20 avril 2001.



Depuis le 1er septembre 2013